C’est à l’occasion du rapprochement
en 2002 de Transdev, une
filiale de la Caisse des Dépôts, et
de la RATP que les deux entreprises
ont décidé la création de
deux filiales communes qui mettraient
en évidence leur complémentarité : Equival,
une société de services au transport,
qui n’a depuis jamais vraiment décollé,
et EuRailCo, une société ferroviaire destinée
à l’exploitation de services voyageurs
régionaux.
2003 voit la naissance d’EuRailCo UK
afin de profiter de l’ouverture du marché
ferroviaire outre-Manche, puis 2004 voit
celle d’EuRailCo tournée vers le marché
allemand qui depuis une quinzaine d’années
a ouvert à la concurrence ses lignes
régionales.
En 2006 est créée EuRailCo SAS tournée
vers la France où elle obtient une licence
d’opérateur en octobre 2007 (valable
jusqu’en avril 2010) mais aussi vers
d’autres pays européens. Au Royaume-
Uni, EuRailCo UK en tant que soumissionnaire
à diverses reprises dans des appels
d’offres, n’a à ce jour jamais remporté
de contrat. Même chose pour EuRailCo
SAS qui attend l’ouverture du marché
des transports ferroviaires régionaux
et qui n’a pas encore fait preuve de plus
d’efficacité ailleurs. Reste donc l’Allemagne
où EuRailCo conclut le 23 décembre
2003, le rachat de 75,1% du capital
de Trans Regio, filiale ferroviaire à
100% de RheinBahn, la société municipale
des transports urbains de Düsseldorf.
Trans Regio qui a été créée à Trèves
en 1999, gère trois lignes reprises à la
DB : Andernach-Mayen, le Pellenz-Eifel
Bahn, depuis mai 2000 ; Kaiserslautern-
Kusel également depuis mai 2000 et Traben-
Trabach-Bullay (Moselwein Bahn)
depuis juin 2001. L’ensemble représente
1,3 M. trains km assurés grâce un parc
de 20 automotrices Regio Shuttle 1 de
Stadler et génère un chiffre d’affaires de
13,4 M.€ par an. L’accord prévoit que le
matériel roulant et les installations resteront
la propriété de RheinBahn au travers
d’une filiale spécifique et bien sur, le développement
des activités en Rhénanie-
Palatinat et ailleurs.
Les choses ne vont pas se dérouler
comme prévu. Le retour sur investissement
est inférieur aux attentes et la DB
qui n’a pas digéré la perte de ces lignes
est aux aguets prête à proposer ses services.
La qualité de service atteint toutefois
96% en 2005 et l’opérateur mise sur
la coupe de football de 2006 pour montrer
son savoir-faire à la veille du renouvellement
possible des concessions. Ce
ne sera pas le cas puisqu’en septembre
de cette année là, la DB remporte l’appel
d’offres de la ligne Kaiserslautern-Kusel
et en juillet 2007, celui des deux autres
lignes. Une perte sèche pour EuRailCo
qui a investi dans cette entreprise et qui
espérait en tirer des bénéfices. Anne-
Marie Idrac, alors présidente de la RATP,
annonce que « la perte par Trans Regio
de l’appel d’offres pour le renouvellement
du contrat relatif à l’exploitation de
ses lignes actuelles occasionne une provision
anticipant des coûts d’exploitation
et de fermeture sur 2008 ».
Si certains ne sont pas encore convaincus
que souvent le destin a besoin d’un
coup de pouce, l’histoire d’EuRailCo en
Allemagne leur donnera à réfléchir.
Avant d’être acculée par la perte de ces
concessions dont le transfert à la DB est
prévu pour décembre 2008, Trans Regio
a peaufiné sa réponse à l’appel d’offres
lancé par la région pour la MittelRhen-
Bahn, une ligne de 185 km et 43 gares qui dessert en Rhénanie du Nord-Westphalie
et en Rhénanie-Palatinat la rive
gauche du Rhin entre Cologne, Coblence
et Mayence. A la clé un contrat de
près de 550 M.€ sur 15 ans.
(suite dans le magazine)